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On parle de nous dans la presse !

Honfleur – Après 44 années passées à la librairie À plus d’un titre, Maryline Hue va prendre sa retraite en mai. Avant de tourner la page, elle livre ses souvenirs. 

1977… Cette année-là, Marguerite Yourcenar recevait le Grand prix de littérature de l’Académie française tandis que René Goscinny s’en allait rejoindre Toutatis et Bélénos, laissant le ciel tomber sur la tête d’Astérix.

Cette année-là aussi, une jeune ablonnaise rangeait définitivement ses cahiers d’école pour écrire la première et seule histoire de sa vie professionnelle.

Maryline Hue a 16 ans quand elle rentre comme vendeuse à la Maison de la presse de la rue du Dauphin (qui deviendra au début des années 2000, la librairie À plus d’un titre) ; « Mes parents étaient très clients chez les Hardouin. C’est grâce à eux qu’ils ont eu vent du poste. » 

Les Hardouin… À Honfleur, ces commerçants qui ont ouvert le premier supermarché (Codec) du centre-ville, sont une institution où tout se sait mieux que n’importe quelle gazette locale ! Justement, des journaux, Maryline va en vendre, et beaucoup : « J’ai d’abord été embauchée pour la presse et je faisais autant la vente dans le magasin que la distribution dans les tabacs. À l’époque la partie librairie n’était pas aussi importante même si je me souviens bien de ces enfants qui venaient acheter des Oui Oui et des Martine. »

La mort de Johnny

C’est le temps où la presse quotidienne a le vent en poupe. « Quand la France gagnait, on s’arrachait l’Équipe », où les habitués de la rue du Dauphin, canard sous les bras, prennent leur café à la Petite Chine, jettent un oeil aux Nouvelles Galleries et repartent avec une pâtisserie de chez Legal. 

Aujourd’hui, tout n’a pas changé. Mariages princiers, élections, attentats, sports et décès de célébrités dopent toujours les ventes : « La mort de Johnny a été l’un des événements les plus marquants ! «  La librairie a tout de même pris le pas sur la presse : « Il y a une clientèle trentenaire qui a repris goût à la lecture et qui le transmet à ses enfants. La BD a aussi conquis des gens qui pensaient ne jamais en lire. » Quant au prix unique du livre, imposé depuis 1981 : « Il a surtout  son importance aujourd’hui car avec Amazon et la très grande distribution, on ne pourrait pas lutter.« 

À quelques jours de son départ, Maryline confesse un peu de nostalgie : »Je n’oublierai pas tout ce que j’ai partagé avec les clients, il y a eu tant de confidences et de soutiens mutuels, mais c’est l’heure de partir, de profiter du jardin, des petits-enfants et de voyager. » Autrement qu’à travers les livres…

OUEST-FRANCE, le

Librairie Honfleur A plus d'un titre - depart de Maryline
librairie honfleur a plus d'un titre
Un page se tourne, une autre s’ouvre pour Maryline

Chères clientes, chers clients,

C’est avec beaucoup de joie mais aussi un peu de nostalgie que je pars en retraite ce samedi 1er Mai.

Grâce à vous j’ai connu dans  ce travail beaucoup de joie et d’échanges. Des amitiés se sont créées, des confidences j’ai écoutées et des rires j’ai partagés. Grâce à votre passion pour la lecture nous avons partagé des avis différents, aimé des livres différents. Avec toutes ces années passées ensemble j’ai connu bien souvent les enfants devenus parents et les parents devenus grands-parents.

Ce partage et votre gentillesse m’ont aidé dans les moments difficiles, mon travail était mon rempart.

J’avoue que quelques fois il y avait aussi quelques grincements de dents, vite oubliés !

Il y a un an j’ai fait la connaissance de Sabrina qui a remplacé Céline avec qui j’ai travaillé depuis plus de 40 ans.

Sabrina a eu un gros coup de cour pour la librairie et malgré les conditions difficiles et avec beaucoup de courage elle a repris la librairie. Elle est passionnée, courageuse, elle aime les gens. Entre nous, le courant est tout de suite passé et j’avoue que j’aurais aimé travailler avec Sabrina plus longtemps car elle a l’envie de faire des belles choses pour cette librairie . C’est pourquoi je vous demande de lui accorder votre confiance ainsi qu’à Marie-Hélène, qui va me remplacer, ce qui n’est pas évident pour vous et est une tache difficile pour elle.

Je vous remercie de tout coeur, je lirai avec joie tous vos petits mots quand je serai au repos : je pense qu’il y aura quelques larmes.

Merci pour toutes vos attentions.

Je serai ravie de vous rencontrer en ville car je reste sur Fatouville donc nous serons amenés à nous revoir !

Pleins de bisous et juste un au revoir.

                                                     Maryline

Honfleur – Exit le sapin classique, bonjour le sapin de livres !

Fait d’ouvrages savamment empilés en quinconce, le « booktree », une tendance des sapins dits alternatifs qui commence à faire fureur, a trouvé naturellement sa place dans la librairie de la rue de la République « A plus d’un titre ».

Le tout agrémenté d’une guirlande lumineuse, c’st à la fois le symbole de Noël et celui d’une liberté retrouvée pour les libraires… 

LE PAYS D’AUGE,  le 4/12/2020

Reconfinement à Honfleur. La librairie ne veut baisser ni les bras, ni le rideau !
Click and collect, livraison à domicile… Sabrina Bouleux, la nouvelle libraire d’À plus d’un titre, veut s’organiser face à ce second confinement qui touche en plein cœur son activité.

Pour Sabrina Bouleux, comme pour beaucoup d’autres libraires, le rayon science-fiction a pris, en cette année 2020, une étrange sensation de réalité face au coronavirus, sujet de prédilection de nombreux maîtres du genre. Une réalité toutefois moins apocalyptique, mais certainement plus sociale et économique : « Ça gazait depuis la réouverture mi-mai, mais on n’a quand même pas rattrapé les deux mois de fermeture. Là, avec ce second confinement, c’est une catastrophe. »

Livraison à domicile

Pour celle qui est en passe de racheter cette historique librairie honfleur aise qui a le pignon sur rue depuis plus de quarante ans, le droit de rester ouvert pour distribuer la presse et la papeterie ne suffisent pas. « C’est décourageant…Sans le soutien des gens, le prochain bilan, ça sera catastrophique !« 

Alors, pour continuer « d’y croire », Sabrina s’adapte dans la légalité : « Il est possible de faire du click and collect. J’ai un étudiant qui travaille sur le site internet pour que l’on puisse avoir accès à nos catalogues et passer commande. C’était déjà dans les cartons mais il faut accélérer. En attendant, j’encourage les gens à nous téléphoner.« 

Autre solution : la livraison des commandes à domicile. « Il semble qu l’on ait le droit. Une partie de ma clientèle est âgée. C’est un service que je dois assurer pour qu’ils continuent à acheter des livres. » Encadrée par le poissonnier, le traiteur et face au fromager, Sabrina étudie un système de livraison groupé : « Je vais aller voir les autres commerçants. Si je dois livrer du poisson et des romans, je le ferai !« 

Pour l’heure, les premiers jours de ce second confinement se sont avérés rassurants. « Des clients sont venus faire leur réserves. Ils répondent présent. J’ai un couple de Parisiens qui étaient en résidence secondaire qui est venu me passer toute sa commande avant de repartir. Je leur enverrai ensuite leurs achats par courrier.« 

Si elle « touche du bois » pour la suite, Sabrina espère qu’elle pourra rouvrir au plus vite toute son activité. « On parle d’une fermeture de 15 jours… J’ai 200 m2 de surface, j’ai de l’espace… » Une chose est sure, la librairie veut rester visible. Car au-delà du Covid-19, la concurrence est rude, principalement en ligne. J’espère que ça ne nous tuera pas !« 

À plus d’un titre, 30 Rue de la République. Ouvert tous les jours (presse et papeterie). Tel 02 31 89 13 07.

OUEST-FRANCE,  le 2/11/2020